Le point blanc (1)

Texte de Lucile Barré

mercredi 31 décembre 2008, par Hugo Musella

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Une façon de faire naître une écriture libérée de "l’idée" et de "l’inspiration", une façon d’accéder immédiatement à un univers personnel en accès direct avec sa conscience : Fermer les yeux. Matérialiser sur sa rétine un point blanc. Le suivre dans son voyage et puis raconter.

Pas facile de trouver ce point blanc sur mes paupières, il ne cesse de partir. Lorsqu’il est présent il est dans le néant, le vide de mon cerveau, de mon crâne, de mon corps. Mais parfois, il voyage. Il m’a emmené dans les vagues violentes de l’océan, les profondeurs de la mer, de grandes montagnes rouges, l’estomac d’un poisson ou encore ma baignoire en Normandie. Puis il revient dans le néant. Il poursuit son voyage en se posant dans la main d’une silhouette, qui est-ce ? Je ne sais pas. En tous les cas le point blanc lui perce la main afin de continuer son voyage. Ensuite il passe de mains en mains de personnes qui habitent le vide. Ces personnes sont sans visages, ce sont eux-mêmes de gros points blancs un peu modelés. Ce passage de mains en mains se termine dans un beau château de merde puis retourne une fois de plus dans le néant. Lorsque je suis dans les vagues, un poisson avale mon point, quand je suis dans les profondeurs de la mer, ce même poisson avale encore le point mais cette fois le point lui éclate le ventre pour retrouver sa liberté, je le suis dans l’eau est une fois de plus il retourne dans le néant.

Parfois j’étais moi même dans le voyage, je me voyais à côté de mon point.

J’étais alors spectatrice du point et de moi et le point. Je me voyais toujours dans le néant à attendre le départ du point qui est finalement qu’un prétexte à laisser libre mon imagination.

Mes dernières images ont été celles d’un échange du point entre un gros point vert et un gros point orange, ceux sont les seules couleurs de mon voyage. Puis encore une fois il se fait avaler par le même poisson et retrouve le vide présent sur mes paupières.


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