Commencer (2)

Texte de Camille Rasera

jeudi 29 janvier 2009, par Hugo Musella

Toutes les versions de cet article :

  • [français]
Corps, tremblement, salive, émotions, voix... L’acteur en vrac se livre au monde de le scène avec en bouche les mots qui sont sa vie. Il commence.

La bête humaine : Rien n’est établi. Tout reste à faire. « Moi » m’appartiens. Je serais ce que je décide d’être...Si je ne me trompe pas...Pourvu que je ne me trompe pas...Pas de faiblesse. Il faut qu’ils me voient beau, rayonnant. Ce sera mon déguisement. Sourire. Attirer. Tout est possible. C’est le début. Ils ne me connaissent pas. Je ne les connais pas. J’aimerais qu’ils m’admirent. J’aimerais resplendir. Allons, soit fort et...dur. La vie n’épargne pas la maladresse. Et lui, c’est qui ? Pourquoi ON le regarde ? Il me vole la vedette ! Ah ! Faire rire ! Peut-être, oui, que c’est une bonne idée. Je vais me dévoiler mais à ma façon. Je vais m’ouvrir à vous mais du côté de mon choix. Vous me connaitrez mais vous ne me connaitrez pas. Et oui ! C’est le commencement. Là où tout se joue. Il faut savoir bluffer. La vie est une immense partie de poker. Garde donc ton costume jusqu’au bout. Jusqu’au bout. Rester dans la course. Le début est décisif. Pour le reste. C’est la base. Le commencement. Pas le droit à l’erreur. On peint le caractère. Le personnage. Placer la lumière au bon endroit. L’ombre pour le mystère. Pour masquer ce qui doit être masqué. Le mystère.... ça attire...suspens...suspens............... Et si j’étais dans le faux ? Le totalement faux ? Le faux jusqu’au bout des doigts de pieds ? Est-ce que je tiendrais le coup sous cette fausse peau ? Veux pas mourir étouffer... Non...M’man ! Retour en arrière : possible ou impossible ? Une fois le jeu commencé ? Si l’on s’aperçoit que l’on s’est trompé ? Le faux ? Non, non, NON ! Je pète un câble. Le doute ! Abat le doute ! Faut pas se laisser ronger. Non mais dis oh ! CERTITUDE. Certitude pour la force. Si je pouvais voir l’avenir au moins je saurais quelle porte me plait le plus. Mais je ne vois rien du tout. HELP. Je ne vois rien du tout. Rideau noir. Et faut que je choisisse. Pour de bon. Direction. Supposition. Je crois que tout ce noir me donne peur d’avancer. Toutes ces questions. C’est le début. Pour l’instant tout est possible. Mais dans une seconde hein, dans une toute petite seconde, est-ce que je n’aurais pas perdu toute mes chances moi ? Hein ? Qui peut me le dire ? Peut-être même qu’il est trop tard et que vous souriez en coin parce que vous savez, vous ! Vous savez tout ! Tout sur moi ! Vous m’avez deviné. Comme une bonne blague ! Et vous riez maintenant, hein, au fond de vous ! Vous allez tous m’écrasez, vous en salivez d’avance ! Un faible ! Ah ! Un faible, comme c’est bon ! Un petit jouet, pour jouer... avec ses sentiments, ses humeurs. Ah !!!! Une marionnette. NON ! Pas encore. C’est le début. « Moi » est en mon pouvoir ! Je le tiendrais attaché, vous n’inquiétez pas. Vous ne pourrez pas le torturer ! Je n’hésiterais plus. Il faut se lancer dans le jeu de la vie. Dans un instant messieurs mesdames...attention...1..2...3 … Partez !!!!!!!!!!!!


Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP | squelette