Commencer (1)

Texte de Laure Isnard

mercredi 28 janvier 2009, par Hugo Musella

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Corps, tremblement, salive, émotions, voix... L’acteur en vrac se livre au monde de le scène avec en bouche les mots qui sont sa vie. Il commence.

Les portes sont fermées, tout le monde est entré ? Tout le monde est entré.

Pas de lumière ?

Qu’en était-il à la genèse ? L’obscurité et le silence. Tout reste à construire. C’est sur moi que tout cela repose, moi qui ai toujours fuit la responsabilité. C’est un grand silence que j’essaye la de combler par une parole aléatoire et inconstante.

Le flux verbal n’a jamais était mon fort.

Obscurité, silence mais bordel je n’entends que mon souffle, ma voix résonne en moi comme un écho imperturbable. Haaa…..Assez de tout ce néant

Océan je me noie

La vie est pourtant à mes pieds. Chut…chuuut

Ecoute. Ecoute le bruit de l’obscurité ! Comme elle fait du vacarme. Une bête féroce qui ensevelit tout, qui brandit une gueule béante. A grand pas elle dévore les corps puis les âmes égarées. A grand pas elle en délaisse la charogne, la vomi pour aller en mutiler une autre. A grand pas la maîtresse du lieu, la seule toujours présente enivre et fait succomber.

Quoi ? Je flotte ? Où sont les planches, où sont les murs ? Où est la bête ?

J’ai peur ! J’ai peur elle est la ! Enracinée dans ces planches. Maîtresse incontournable que nous devons tant de fois étreindre. Je lutte, je lutte, crions, fuyons. Elle me fait cracher sur mon cœur ! La nuit vomis mes peurs refoulées !

Lumière !

(Au même instant la lumière s’allume, feutrée) (Libération presque)

(Exubérance) Irradié ! Irradié ! (Rire) Irradié !

La lumière au grand jour dévoile une vie si secrète.

Elle passe, de ses petits pieds nus et déshabille les plus farouches.

Lèche les peaux les plus repoussantes, les rhabilles sous sa caresse

Ho oui la lumière orgasmique souffle nos rêves, s’en délecte, les achèves. Ils sont à présent palpables. Plus personne ne les niera ! Je suis mon rêve, le rêve d’un autre ! Je suis ! Je suis ! On me voit !


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