A celui qui était (2)

Texte anonyme

jeudi 26 février 2009, par Hugo Musella

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Dire. Dire la perte. Les mots. Mots tournent sur eux-même. Se cognent et puis reviennent. S’affinent. Se perdent dans leurs propres sons et se révèlent. Dans le deuil.

J’ai appris ta disparition à table/J’étais à table quand j’ai appris ta disparition/On m’a appris que tu étais morte /à table/quand j’étais à table. On était tous à table et elle m’a appris que tu étais morte/par hasard/ Elle m’apprit que tu étais morte par hasard/J’ai découvert au hasard de la conversation que tu étais morte. J’étais à table avec tout le monde, on mangeait des haricots verts, du rôti et des pommes de terre, on buvait du vin, j’apprenais que t’étais morte. Elle ne savait pas que je ne savais pas, elle à dit : « Mais elle est morte »/Elle à dit « elle est morte » à table devant/à table tout le monde le savait/ « elle est morte » autour de moi ils savaient tous/autour de moi ils savent. Elle ne savait pas/elle ne savait pas que je ne savais pas/Elle ne savait pas que personne ne me l’avait dit. Autour de cette table ils savaient tous /autour de cette table quelqu’un me l’avait caché. Tu étais morte ; je ne le savais pas /tu étais morte depuis longtemps lorsque je l’ai su./quand je l’ai su./ Je ne l’aurais jamais su si à table/si…/J’étais assise à table j’ai compris que tu étais morte (…)depuis longtemps. Je t’ai envoyé des lettres/je t’écris souvent mais tu ne réponds plus/je t’ai envoyé des lettres mais tu n’a jamais /j’ai /souvent/longtemps/ cherché à te joindre.


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