A celui qui était (1)

Texte de Alexandra Calas

jeudi 19 février 2009, par Hugo Musella

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Dire. Dire la perte. Les mots. Mots tournent sur eux-même. Se cognent et puis reviennent. S’affinent. Se perdent dans leurs propres sons et se révèlent. Dans le deuil.

Tu sais, j’ai réfléchi. Tu sais, j’ai pensé. Pensé. J’ai réfléchi et j’ai pensé. J’aimerai te dire ce à a quoi j’ai pensé. J’ai pensé, réfléchi à tout ça. Tout ça m’est revenu à l’esprit en regardant la pluie. Les gouttes de pluie sur la vitre. La vitre pleine d’eau. De l’eau. Je ne sais plus si ce jour là il y avait de l’eau. Il pleuvait sûrement, comme tous ces jours là, comme ça. Ou bien c’est moi qui « pleuvait ». Tu te souviens de tout ça, ce dernier jour ? Ce jour où tu as dit plus jamais. Plus jamais. Toujours toi qui décide. Comme toi tu veux. Toujours. A jamais. Et j’ai pensé, à ce jour là, à ce qu’il aurait fallu que je réponde. Ce qui n’est pas sorti de ma bouche. La réponse que j’aurai dû dire. A toi. Ma bouche qui n’a pas parlé. Moi qui n’aie pas répondu. Ma bouche qui n’a pas voulu répondre. Moi qui n’aie pas parlé. Et l’eau sur moi. Sur mes cheveux, mes joues, dans mes yeux. Sous la pluie. La pluie dans mes yeux. C’est ça, j’ai fait comme tu voulais, toujours, et j’ai rien dit. Rien. Rien. J’ai rien fait. Aucun son n’est sorti. Rien ne bougeait. Rien n’est sorti. Rien n’a bougé. Et toi. Sous la pluie. Tu as dit quoi ? Quoi ? Comme je n’ai pas répondu, pas parlé pas... Tu as laissé l’eau autour de moi et tu as dit Jamais.


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